Calcul D9 : besoin en eau incendie pour un site ICPE

INGETECH calcule le besoin en eau de défense extérieure contre l'incendie (DECI) selon le guide D9 : surface de référence, coefficients, débit et volume requis. Une note opposable au SDIS, à la DREAL, à votre assureur et au service instructeur.

Le calcul D9 fixe le débit d’eau que votre site ICPE doit mettre à la disposition des secours en cas d’incendie. Cette page détaille la méthode, les paramètres et un exemple chiffré.

Par INGETECH, bureau d’études indépendant en gestion de l’eau ICPE

En bref

À quoi répond le calcul D9 ?

Le calcul D9 répond à une question précise : quelle quantité d’eau les sapeurs-pompiers doivent-ils pouvoir mobiliser pour maîtriser un feu sur votre site ? Ce résultat s’exprime en m³/h. De plus, il doit rester disponible pendant au moins deux heures.

Concrètement, il sert à dimensionner vos poteaux d’incendie, vos réserves ou vos bassins. Il fournit aussi la première ligne du calcul D9A, c’est-à-dire le volume d’eaux d’extinction à retenir sur site.

60 m³/hdébit minimal
2 hdurée minimale
120 m³volume minimal

Repères du guide pratique D9, édition de juin 2020. Ainsi, aucun résultat ne descend sous ces valeurs, même pour un petit bâtiment.

Dimensionner la ressource

Débit, durée, nombre et nature des points d’eau : poteaux, réserves, bassins.

Justifier votre besoin en eau

En pratique, le rapport D9 est la pièce technique de référence. Ainsi, vous le présentez au SDIS, à la DREAL, à votre assureur et au service instructeur du permis de construire.

Compléter vos dossiers

Il alimente la demande d’autorisation ou d’enregistrement ICPE, le permis de construire, l’étude de dangers et le plan d’opération interne.

Préparer le D9A

Le débit D9 multiplié par la durée d’intervention constitue le premier apport du calcul D9A.

Cadre

D9 : un guide pratique, pas une norme

Tout d’abord, le D9 est publié par le CNPP avec France Assureurs et les ministères chargés de l’Intérieur et de l’Écologie. En effet, ce n’est ni une norme AFNOR ni un référentiel APSAD. Il devient contraignant dans trois cas :

  • un arrêté ministériel de prescriptions le cite (par exemple pour les entrepôts couverts) ;
  • votre arrêté préfectoral le reprend, souvent via la note de calcul déposée avec le dossier ;
  • votre assureur en fait sa référence lors des visites de prévention.

Le règlement départemental de DECI (RDDECI) fixe les règles locales sur les points d’eau. Le D9 sert de méthode lorsque ce règlement ne prévoit rien pour votre risque. Or, c’est fréquent pour les ICPE.

Deux points de vigilance. Tout d’abord, certains risques sortent du champ du D9 : dépôts d’hydrocarbures, risques chimiques élevés, certains stockages de liquides inflammables. Ils relèvent de textes spécifiques. Enfin, appliquez l’édition citée par votre arrêté ou votre dossier : les installations anciennes restent appréciées avec les éditions antérieures. Vous trouverez le détail dans notre guide pas à pas.

Méthode

Le calcul D9 en cinq étapes

Calcul D9 : les cinq étapes, de la surface de référence au débit final
Les cinq étapes du calcul D9.
  1. Délimiter les surfaces de référence

    En premier lieu, une surface de référence est délimitée par des murs coupe-feu REI 120. Elle peut aussi être séparée du reste du site par un espace libre non couvert d’au moins 10 m. Sans plancher REI 120 (mezzanines, stockages sur plusieurs niveaux), on retient donc la surface développée.

    Le calcul se fait pour chaque surface de référence. Ensuite, on retient le résultat le plus pénalisant.

  2. Calculer le débit de base, puis le corriger

    D’abord, le débit de base est proportionnel à la surface. Ensuite, des coefficients le majorent ou le minorent. Ils se cumulent.

    Qi = 30 × (S / 500) × (1 + ΣCoef) Qi s’exprime en m³/h. S est la surface de référence, en m². ΣCoef est la somme algébrique des coefficients : hauteur de stockage, structure, matériaux aggravants et moyens d’intervention interne.

    Par ailleurs, la grille complète des coefficients figure dans le guide officiel. Votre note de calcul doit donc la citer, avec l’édition utilisée.

  3. Appliquer la catégorie de risque

    Le débit est ensuite multiplié par un coefficient de catégorie : risque faible, 1, 2 ou 3. Ce choix dépend de l’activité et de la nature des produits stockés. Par exemple, un bâtiment à parois en panneaux sandwich à isolant combustible relève au minimum de la catégorie 2.

    Si plusieurs catégories coexistent dans une même surface, le guide distingue les zones homogènes et séparées des matériaux mélangés. Cette règle mérite donc une lecture attentive du texte officiel.

  4. Tenir compte du sprinklage

    Par ailleurs, lorsqu’une installation d’extinction automatique à eau protège la surface, le débit est divisé par 2. Cependant, dans l’édition 2020, un plafond de 720 m³/h s’applique.

  5. Arrondir et vérifier les bornes

    Enfin, on arrondit le débit au multiple de 30 m³/h le plus proche. Toutefois, il ne peut pas être inférieur à 60 m³/h. De plus, la ressource doit rester disponible au moins 2 heures.

Paramètres

Huit paramètres font varier le résultat

  • 01Type d’activité
  • 02Type de construction et stabilité de l’ossature
  • 03Surfaces de référence
  • 04Hauteur de stockage
  • 05Nature des produits stockés
  • 06Matériaux aggravants
  • 07Moyens d’intervention interne
  • 08Catégorie de risque

Le poste qui surprend : les matériaux aggravants

L’édition 2020 a renforcé leur prise en compte. Ils se repèrent en effet lors de la visite de site. Or, la présence d’un seul suffit à appliquer le coefficient majorant de +0,1.

  • panneaux sandwich à isolant combustible ;
  • bardage extérieur combustible (bois, plastique) ;
  • toiture avec étanchéité bitumée, hors dalle béton ;
  • isolants thermiques combustibles en façade et en toiture ;
  • fluide caloporteur organique combustible supérieur à 1 m³ ;
  • panneaux photovoltaïques.
Exemple chiffré

Un entrepôt de 2 400 m², avec et sans sprinklage

Prenons un cas fictif et simplifié. Ce cas comporte une seule surface de référence, un stockage jusqu’à 8 m (+0,1) et des matériaux aggravants (+0,1). Enfin, la catégorie de risque est 1.

Qi = 30 × (2 400 / 500) × (1 + 0,1 + 0,1) = 172,8 m³/h
Sans sprinkleurs Avec sprinkleurs
Débit corrigé 172,8 m³/h 172,8 ÷ 2 = 86,4 m³/h
Arrondi (multiple de 30) 180 m³/h 90 m³/h
Volume sur 2 h 360 m³ 180 m³

Ici, le sprinklage divise par deux le besoin en eau de la DECI. En contrepartie, la réserve sprinkleur s’ajoute aux apports du calcul D9A. Seule une étude technico-économique permet donc d’arbitrer entre les deux effets.

Ensuite, vous pouvez tester vos propres données avec notre simulateur D9 / D9A. Il donne un ordre de grandeur. Toutefois, il ne remplace pas une note de calcul établie pour votre site.

Permis de construire

Toiture photovoltaïque : pourquoi elle impose de revoir le D9

En premier lieu, pour les bâtiments neufs, la réglementation impose de solariser ou de végétaliser une part de la toiture. Cette obligation découle de l’article L.171-4 du code de la construction et de l’habitation, issu de la loi Climat et Résilience puis renforcé. Elle vise notamment les constructions commerciales, industrielles et artisanales, ainsi que les entrepôts et les parcs de stationnement couverts. Le seuil est de 500 m² d’emprise au sol, et de 1 000 m² pour les bureaux. De plus, la part de toiture concernée augmente par paliers. Vérifiez donc les seuils, les pourcentages et les dates applicables à votre projet.

Effet sur le besoin en eau

Or, dans l’édition 2020 du D9, les panneaux photovoltaïques sont un matériau aggravant. Dès qu’un bâtiment neuf en reçoit, le coefficient majorant s’applique. Le besoin en eau augmente donc. Le service instructeur du permis de construire, comme le SDIS, peut alors en demander la justification.

Un ordre de grandeur sur l’exemple ci-dessus. Si les panneaux étaient le seul matériau aggravant, le débit serait de 30 × 4,8 × 1,1 = 158,4 m³/h, arrondi à 150 m³/h. Avec eux, en revanche, il passe à 172,8 m³/h, arrondi à 180 m³/h. C’est donc 30 m³/h de plus, soit 60 m³ supplémentaires sur 2 h.

Effet sur la rétention

Le débit D9 alimente la première famille d’apports du calcul D9A. Un débit plus élevé augmente donc le volume d’eaux d’extinction à confiner. Il peut ainsi faire apparaître, ou grossir, une rétention que le projet ne prévoyait pas.

Anticiper avant le permis

Calculer le D9 avant le dépôt du permis permet de dimensionner la réserve et la rétention avec la toiture définitive. Vous évitez ainsi de les reprendre après une demande de pièces complémentaires.

Mise en œuvre

Du débit calculé aux points d’eau

Le calcul D9 donne un besoin. Il reste ensuite à choisir comment le satisfaire : réseau public, réserve souple, cuve ou bassin. Enfin, le bon choix dépend du coût, de l’emprise disponible et de l’avis du SDIS.

Poteaux et bouches d’incendie

Si un réseau public alimente le site, il faut mesurer le débit et la pression réellement disponibles. Or, un réseau supposé suffisant ne l’est pas toujours.

Réserves souples

Poche en géomembrane posée sur une plateforme préparée. C’est souvent la solution la plus économique et la plus rapide à installer, donc l’une des plus retenues. Cependant, elle demande un terrain plan, un accès et une aire d’aspiration pour les engins. Il faut aussi protéger le site et suivre le niveau et l’état de la poche.

Cuves aériennes ou enterrées

En acier ou en béton, elles s’imposent quand le réseau est insuffisant ou absent. Elles conviennent aussi si la réserve souple est écartée (emprise, durabilité, exigences du SDIS). Dans tous les cas, leur volume utile couvre le débit sur toute la durée d’intervention.

Bassins de réserve

Solution économique qui s’intègre au paysage, à condition d’aménager des aires d’aspiration accessibles aux engins.

Ensuite, l’implantation dépend du RDDECI de votre département et de l’avis du SDIS. Ils fixent les distances entre points d’eau, la distance depuis l’entrée du site et l’accessibilité des engins. Par ailleurs, découvrez nos équipements pour la défense extérieure contre l’incendie.

Retour d’instruction

Les erreurs qui déclenchent des demandes de compléments

  • surface de référence retenue sans justification (compartimentage, surface développée) ;
  • stockages extérieurs oubliés ;
  • zones de nature différente mélangées dans un seul calcul ;
  • matériaux aggravants non repérés : bardage, isolant, panneaux photovoltaïques ;
  • édition du guide non précisée, ou grille de coefficients périmée ;
  • capacité du réseau public supposée, jamais mesurée.

Pour lancer une étude, réunissez

  • les plans de masse et des bâtiments, avec le compartimentage coupe-feu ;
  • les hauteurs et modes de stockage, la nature des produits ;
  • les matériaux de construction : ossature, bardage, isolant, toiture ;
  • la présence éventuelle de sprinkleurs ;
  • votre arrêté préfectoral et, le cas échéant, la note de calcul existante ;
  • les mesures de débit et de pression des poteaux proches.
Notre étude D9

Ce que fait INGETECH pour vous

  1. Collecte des données et visite du site

    Surfaces, hauteurs de stockage, activités, matériaux de construction, présence de sprinkleurs.

  2. Surfaces de référence

    Analyse des plans, repérage des compartimentages REI 120, calcul des surfaces développées.

  3. Débits requis

    Application de la méthode à chaque surface, choix de la catégorie de risque, retenue du dimensionnement pénalisant.

  4. Points d’eau incendie

    Nombre, type et implantation des poteaux, réserves ou bassins, en cohérence avec le RDDECI et le SDIS.

  5. Rapport d’étude

    Grille de calcul, plans d’implantation et synthèse destinée au SDIS, à la DREAL, à l’assureur ou au service instructeur.

En complément : la modélisation des flux thermiques. Elle est réalisée avec le logiciel Flumilog de l’INERIS. Elle définit la charge thermique et ses propagations, pour construire une stratégie de défense sur mesure. Par ailleurs, certaines activités et certains seuils de classement conduisent la DREAL à l’exiger.

INGETECH réalise le D9 et le D9A ensemble, avec les mêmes hypothèses, pour un rapport unique et cohérent. Voir aussi nos études de cas et notre étude technico-économique.

Le parcours DECI complet

FAQ

Questions fréquentes sur le calcul D9

Comment calculer le besoin en eau incendie d’un entrepôt ?

On délimite d’abord la surface de référence. Ensuite, on calcule le débit de base : 30 × S / 500. On le corrige alors par la somme des coefficients : hauteur de stockage, structure, matériaux aggravants et moyens d’intervention. Puis on applique la catégorie de risque. Le débit est divisé par 2 si la surface est sprinklée. Enfin, on l’arrondit au multiple de 30 m³/h le plus proche, avec un minimum de 60 m³/h. Notre exemple chiffré détaille la démarche.

Quel est le débit minimum d’un calcul D9 ?

En effet, le débit minimal est de 60 m³/h, même pour un petit bâtiment. De plus, la ressource doit rester disponible au moins 2 heures. Le volume minimal est donc de 120 m³.

Quelle est la différence entre D9 et D9A ?

Le D9 calcule le débit d’eau utile aux secours, en m³/h. Le D9A, en revanche, calcule le volume d’eaux d’extinction polluées à retenir sur site, en m³. Ainsi, le premier apport du D9A reprend le débit du D9 multiplié par la durée d’intervention.

Le calcul D9 est-il obligatoire ?

Pas en tant que tel : le D9 est un guide pratique. Toutefois, il s’impose lorsqu’un arrêté ministériel ou préfectoral y renvoie. Il s’impose aussi lorsque votre assureur en fait sa référence. Votre arrêté d’exploitation ou le RDDECI de votre département indique donc la marche à suivre.

Le D9 s’applique-t-il à tous les sites ICPE ?

Non. En effet, certains risques sortent de son champ : dépôts d’hydrocarbures, risques chimiques élevés, certains stockages de liquides inflammables. Des textes spécifiques s’appliquent alors. Pour les autres risques industriels, en revanche, le D9 est la méthode de référence.

Le simulateur en ligne peut-il remplacer une étude D9 ?

Non. Tout d’abord, le simulateur donne un ordre de grandeur. Il ne reprend ni les particularités de votre site, ni votre arrêté préfectoral. De plus, il ne constitue pas une note de calcul. Seule une étude établie pour votre site définit donc un besoin en eau opposable.

Une toiture photovoltaïque oblige-t-elle à refaire le calcul D9 ?

Elle oblige à en tenir compte. En effet, les panneaux photovoltaïques sont un matériau aggravant dans l’édition 2020 du D9. Dès que votre toiture en reçoit, le coefficient majorant s’applique. C’est le cas, par exemple, avec l’obligation de solariser ou de végétaliser les toitures de bâtiments neufs. Le besoin en eau augmente alors. Le service instructeur du permis de construire ou le SDIS peut en demander la justification.

Quels documents fournir pour lancer une étude D9 ?

Tout d’abord, il faut réunir les plans de masse et des bâtiments, avec le compartimentage coupe-feu. Ajoutez les hauteurs et modes de stockage, ainsi que la nature des produits. Il faut aussi les matériaux de construction et la présence de sprinkleurs. Enfin, joignez votre arrêté préfectoral et les mesures de débit et de pression des poteaux proches.

Un besoin en eau à justifier auprès du SDIS, de la DREAL ou de votre assureur ?

Ainsi, contactez-nous pour un pré-audit de vos besoins en dimensionnement D9 et D9A. Réponse technique sous 48 h.

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